Tous les ETF ne se valent pas, un gérant avec 20 ans d'expérience clarifie : Olivier Malteste
Olivier Malteste a passé plus de 20 ans chez Lyxor et Amundi avant de diriger les investissements de Yomoni et d'Althéis. Il explique pourquoi choisir un ETF n'a rien de passif, et ce que les CGP gagnent à déléguer leur gestion ETF.
Pourquoi tout le monde veut faire de l'ETF
Depuis fin 2021, la gestion indicielle collecte plus que la gestion active en Europe, trimestre après trimestre, et même les gérants actifs qui critiquaient les trackers lancent leurs propres ETF. Le grand public reste pourtant en retrait : selon les études de notoriété d'Althéis, seuls 40 % des Français disent savoir ce qu'est un ETF, contre plus de 80 % pour le bitcoin. Olivier Malteste, passé par Lyxor et Amundi avant de diriger les investissements de Yomoni et d'Althéis, revient avec Florian Freyssenet sur cet engouement et sur la destination réelle de l'argent : défense, cybersécurité, robotique et infrastructures liées à l'IA.
Choisir un ETF n'a rien de passif
Deux ETF qui répliquent le même S&P 500 n'affichent pas la même performance. L'exemple de SpaceX, entré vite dans le MSCI USA mais pas dans le S&P 500, montre que le choix de l'indice est déjà une décision de gestion. Les frais ne suffisent pas non plus à départager les produits : réplication physique ou synthétique, prêt de titres, tracking error et spreads comptent tout autant, au point que gagner 5 points de base de frais peut coûter davantage à l'achat.
Le piège du « 100 % MSCI World »
Les investisseurs placés à 100 % sur le MSCI World ont découvert un risque qu'ils n'avaient pas regardé : le change, quand le dollar a perdu près de 15 % face à l'euro. L'épisode aborde aussi la fin du rendement facile (« ce n'est pas le rendement facile en ETF, c'est le rendement facile tout court ») et le danger de la simplification portée par certains influenceurs.
CGP : que répondre aux clients qui réclament des ETF ?
Pour un conseiller en gestion de patrimoine, l'ETF pose un problème de modèle : le client le réclame, mais le conseiller n'est pas rémunéré dessus. Avec Sébastien Horay, directeur de la distribution d'Althéis, l'épisode passe en revue les trois réponses possibles, dont « la double peine » qui consiste à tout faire seul, puis la gestion sous mandat avec la moitié des frais de gestion rétrocédée au conseiller. Il est aussi question des PEA ouverts « pour faire plaisir au banquier » qui dorment chez de nombreux clients, du compte-titres et de l'assurance vie.
Pour aller plus loin : les modèles de rémunération des CGP aux honoraires, et l'entretien avec Franck Béon, ex-trader en hedge fund passé au 100 % ETF.
Au programme de l'épisode
- 01:53 Pourquoi tout le monde veut faire de l'ETF
- 04:30 ETF et rémunération des CGP : le problème du modèle
- 06:24 Où va l'argent : défense, cybersécurité, infrastructures
- 10:57 SpaceX : pourquoi choisir un ETF n'a rien de passif
- 14:32 Le rendement facile, c'est fini ?
- 21:06 Comment choisir un ETF : frais, réplication, tracking error, liquidité
- 27:36 Les risques des ETF et le piège du MSCI World
- 33:09 Influenceurs : le danger de la simplification
- 35:30 Ce qu'un CGP gagne à déléguer sa gestion ETF
- 41:33 PEA oubliés, compte-titres, assurance vie : comment ça marche
- 52:39 Le mot de la fin
Olivier Malteste · Chef économiste et directeur des investissements · Yomoni, AlthéisAfficher le profil →






