Agent IA CGP et family office : construire le sien sans sortir du RGPD
Les cofondateurs de Charlie ont construit un agent IA en direct, sur un cas de cabinet : conformité et reporting. Les trois règles à respecter avant la première ligne, les trois niveaux (prompt, automatisation, agent), et pourquoi 99 % de leurs agents sont du code.

Le 1er septembre, 225 professionnels se sont connectés au live de rentrée de Next Gen Patrimoine pour une promesse précise : construire un agent IA en une heure, à l'écran, sur un vrai cas de cabinet. Les trois cofondateurs de Charlie, Thomas Higadere, Mathis Baala et Alexandre Lkhaoua, s'y sont tenus.
Le contexte donne l'échelle. Morgan Stanley a déployé plus de 3 500 outils IA. Aux États-Unis, des conseillers gèrent 100 à 200 millions d'encours avec une équipe réduite au minimum. Pour un CGP ou un family office français, la question n'est plus de savoir si un agent IA a sa place au cabinet, mais lequel, sur quel process, et dans quel cadre.
Ce compte rendu reprend la méthode présentée, les règles de conformité qui conditionnent tout, et une position tranchée sur ce qu'un agent IA CGP doit être : du code avant de l'intelligence.
Trois règles avant la première ligne de prompt
Mathis Baala l'a posé d'emblée : l'IA n'est pas interdite dans nos métiers, elle est encadrée. Trois obligations conditionnent tout le reste.
Un, un compte professionnel. Un abonnement payant grand public ne suffit pas : seul un compte professionnel permet de signer un DPA, l'accord de traitement des données. Deux, le « zéro data retention », qui empêche le modèle de s'entraîner sur vos données. Trois, la mention de l'usage de l'IA dans les documents remis au client, DER et lettre de mission en tête.
À ces trois règles s'ajoutent deux réflexes. Documenter tout ce que vous faites, parce que la technologie va plus vite que la réglementation et qu'il faudra un jour prouver votre bonne foi au régulateur. Et anonymiser systématiquement. L'exemple donné est parlant : dire à une IA que votre client a vendu un château en Normandie du XIXe siècle, c'est déjà permettre de remonter jusqu'à lui.
À appliquer : vérifiez le type de compte de chaque outil IA utilisé au cabinet, y compris par vos collaborateurs. Sans compte professionnel et sans DPA signé, vous n'êtes pas couvert.
Prompt, automatisation, agent : trois niveaux, pas un
Le prompt, c'est le niveau un. Vous posez une question, l'IA répond, souvent bien. Mais elle est générique et passive : c'est vous qui avez ouvert le dossier, trouvé la date, vérifié l'information. Elle n'a fait que rédiger.
Le niveau deux, c'est l'automatisation, et ce qui change tout : les connecteurs et le déclencheur. Car le vrai sujet d'un cabinet n'est pas l'IA, c'est la ressaisie. Votre donnée vit dans des logiciels qui ne se parlent pas, fragmentée, hétérogène. L'automatisation branche l'IA sur votre agenda, vos mails, vos fichiers, et la déclenche sans vous.
Entre les deux, les « compétences » (skills) : un prompt de vingt lignes que vous écrivez une fois, comme un brief à un nouveau stagiaire, et que vous rappelez ensuite d'un simple slash. Vous ne repromptez plus jamais la même chose.
Le niveau trois, c'est l'agent IA au sens strict : vous lui donnez un objectif et l'accès aux outils, et c'est lui qui choisit le chemin. Notion pour chercher, PowerPoint pour produire, un mail pour envoyer. Puissant, et c'est précisément là que Charlie invite à la prudence.
À tester : créez une compétence pour l'analyse que vous refaites chaque semaine, en lui donnant les points à regarder et ce qu'il faut mettre en avant. C'est le meilleur rapport effort sur gain de tout le live.
Pourquoi Charlie code 99 % de ses agents IA
Un agent IA pur, dans un cabinet, cumule quatre risques. Vos logiciels métiers n'ont pas été conçus pour qu'une IA s'y connecte : pas d'API, pas de porte d'entrée. L'agent est probabiliste : avant de trouver le bouton d'export dans votre CRM, il peut cliquer sur un autre. Il hallucine sans logique métier : demandez-lui un pourcentage, il peut confondre le poids d'un support et sa performance, et vous répondre avec aplomb. Et chaque exécution consomme des tokens : un chemin répété tous les jours, CRM, extranet assureur, PowerPoint, mail, coûte à chaque fois avec un agent, et rien avec du code.
D'où le choix de Charlie : 99 % des agents déployés sont du code pur. Déterministe, donc prévisible, reproductible, traçable. Le chemin est écrit une fois, horodaté, auditable. C'est à la fois une garantie de qualité et un argument RGPD : pas de boîte noire à expliquer au régulateur.
Concrètement, un agent IA family office ou CGP repose sur quatre piliers : les instructions, les outils auxquels il a accès, le modèle, et le déclencheur. C'est ce cadre que la démonstration a suivi.
À appliquer : listez vos processus répétitifs qui suivent toujours le même chemin. Ce sont vos candidats à l'automatisation codée, pas à l'agent IA.
La démonstration : conformité et reporting en une heure
Alexandre Lkhaoua a construit l'agent en direct, avec un outil de code assisté par IA et un modèle français, Mistral, branché par API. Les sources métier connectées, l'agent a d'abord contrôlé une entrée en relation, puis généré un reporting client. Deux tâches qui, dans la plupart des cabinets, mobilisent encore des heures de saisie chaque mois.
La leçon de la séance tient en une phrase de Thomas Higadere : ce n'est plus à vous de vous adapter au logiciel, c'est au logiciel de s'adapter à vos process. La ligne de code a été divisée par dix ; un outil sur mesure est devenu accessible à un cabinet qui s'y met sérieusement, ou qui se fait accompagner.
Et le garde-fou posé par Florian Freyssenet en ouverture vaut pour tout le monde : un cabinet composé à 100 % d'agents IA est un cabinet remplaçable. L'agent fait gagner du temps, il ne remplace ni l'expertise ni la relation.
La séance complète, avec la construction pas à pas, est disponible dans le replay du live, réservé aux membres.
Ce qu'il faut retenir
- Compte professionnel, DPA, zéro data retention, mention dans le DER : les trois règles avant tout agent IA CGP.
- Anonymisez et documentez. Le régulateur jugera votre bonne foi sur vos traces, pas sur vos intentions.
- Le vrai gisement n'est pas l'IA mais la ressaisie : automatisez d'abord les chemins répétitifs.
- Un agent IA family office fiable est déterministe : 99 % de code, 1 % d'intelligence, et un chemin auditable.
- Les compétences (skills) sont le gain le plus rapide : un brief écrit une fois, rappelé d'un slash.
SOMMAIRE
Next Gen Patrimoine - 4ème édition
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